Les différents types de whisky

Le whisky proprement dit

L'essentiel de la production et donc de la consommation, dans le monde, est constituée par les blends, c’est-à-dire par un mélange constitué d'un whisky de malt, obtenu à partir d'orge maltée et de whisky de grain. On appelle whisky de grain un whisky obtenu à partir d'autres céréales que l'orge : blé, maïs, seigle, ou même avoine. Ces whiskies de grain, moins coûteux à fabriquer, ont aussi beaucoup moins de goût. Ils apportent au blend son volume. L'essentiel du goût vient de la partie “malt”, laquelle, il faut le souligner, provient souvent des produits de distillation rejetés dans la fabrication des single malts (voir l'article : “un peu de technologie“).

Le pure malt, comme son nom l'indique, ne comporte aucun whisky de grain. Il résulte de l'assemblage de whiskies de malt provenant de plusieurs distilleries. A l'inverse, le single malt, lui, ne provient que d'une seule distillerie. Pour la plupart des connaisseurs, c'est le seul véritable whisky.

Les produits distillés en Écosse ayant vieilli au moins trois ans en fûts de chêne ont droit à l'appellation de scotch whisky. La plupart des whiskies de consommation courante correspond à ce type de blended scotch whisky : Johnnie Walker, Black and White, The famous grouse, Clan Campbell, Long John, Ballantine's, William Lawson, J & B, White horse, ou encore Chivas régal, le plus réputé. Il en existe quantités d'autres, dont la majorité ne peut guère servir qu'à concocter les cocktails à base de whisky.

Le whiskey

La présence de ce “e” supplémentaire nous indique que l'on parle soit de produits irlandais (irish whiskey), soit de produits américains (american whiskey).

Le whiskey irlandais

L'Irish Whiskey Act de 1980 a défini une fois pour toutes ce qu'était un whiskey irlandais : le whiskey doit subir au moins une double distillation, sur le territoire de l'Irlande (Eire ou Ulster), où doit également avoir lieu la maturation dans des fûts de bois.

Cela étant, il existe plusieurs variétés :

Il ne subsiste plus aujourd'hui en Irlande que trois distilleries : Bushmills, la plus ancienne (légalement enregistrée en 1784, située sur la côte, tout au nord de l'Ulster ; Midleton, issue de la fusion, en 1966, de John Power and son, John Jameson and son, et Cork Distillers, pour donner naissance à Irish Distillers Limited (racheté en 1989 par le groupe Pernod-Ricard), et qui se situe sur la côte sud-est de l'Eire ; et enfin Cooley, apparue en 1987, située sur la péninsule du même nom, sur la côte nord-est de l'Eire, mais dont les chais de vieillissement sont localisés à Kilbeggan, en plein centre de l'île.

Cooley se distingue des deux autres distilleries en pratiquant, comme les écossais, une double distillation, alors que la triple distillation constitue la marque de fabrique traditionnelle du whiskey irlandais (pour les écossais, si les irlandais pratiquent trois distillations, c'est que les deux premières sont ratées !). On lui doit des singles malts dont le plus connu est le Connemara ; un whisky de grain : le Greenore, et plusieurs blends, dont Inishowen, Kilbeggan, et Millars.

Les produits venant de Midleton sont assez connus (avec 19 millions de litres d'alcool – pas seulement de whiskey – qui en sortent chaque année, le contraire serait étonnant) : ce sont essentiellement des blends, dont : Jameson (le whiskey irlandais le plus vendu dans le monde), Powers, le whiskey le plus vendu en Irlande, Tullamore Dew, Paddy, et Midleton Very Rare, considéré par certains comme un des meilleurs blends du pays ; mais on trouve aussi un pure pot still whiskey, le Redbreast.

Enfin, Bushmills met sur le marché des singles malts, qui portent tous le nom Bushmills (10 ans, 12 ans, 16 ans, plus des éditions millésimées : 1975, 1988, 1990, etc…) et des blends (le whisky de grain qui les compose étant distillé à Midleton) le Bushmills Original, le Black Bush et le Bushmills 12 ans 1608.

Le whiskey américain

Ne doit pas être confondu avec le Bourbon, lequel n'est, si l'on veut, qu'une de ses composantes.

Le Bourbon, pour les puristes, est censé provenir exclusivement du comté du même nom, dans le Kentucky. En réalité, on regroupe de façon plus large sous cette appellation un whiskey fabriqué essentiellement à base de maïs (au moins 51 %), le reste étant généralement du blé ou du seigle, et vieilli dans des fûts de chêne neufs (un vieillissement d'au moins deux ans donnant droit au titre de “straight bourbon”. Les Bourbons les plus répandus chez nous sont, entre autres : Old Virginia, Wild Turkey, Four roses, Jim Beam.

Très proche du Bourbon, au point qu'on le confond généralement avec lui (la différence entre bourbon et ce whisky étant très subtile), le Tennessee whiskey. Composé comme lui majoritairement de maïs, vieilli comme lui au moins deux ans, il s'en distingue par la filtration qu'il subit avant la mise en fût, à travers une couche de charbon de bois d'érable (Le Lincoln County process, du nom du comté où il fut mis au point). Le Jack Daniel's appartient à cette catégorie.

Le Rye whiskey est lui, fabriqué à partir de seigle (51 % minimum), le reste étant généralement du maïs ou même… de l'orge. L'Old Protero en est un. On trouve souvent sous l'appellation voisine de Rye whisky (sans e) le whisky fabriqué au Canada. Historiquement, dans ce pays, le whisky était effectivement élaboré majoritairement à partir du seigle. Aujourd'hui, ce sont des blends (seigle, orge, blé, maïs) dont les plus connus sont Canadian Club et Crown Royal.

Et ailleurs ?

Les pays celtiques n'ont plus le monopole de la fabrication du whisky, même si les lieux de fabrication ne couvrent quand même pas la planète entière.

Mais, de par le monde, on produit du whisky, souvent pour obtenir des blends, quelquefois, et c'est plus compliqué, des single malts qui peuvent s'avérer excellents. Où donc fabrique-t-on aussi du whisky ? C'est l'objet de la page “les whiskies du monde”.

À explorer dans cette rubrique

Le whisky japonais

Whisky Japonais

L'histoire du whisky japonais Une curiosité... Cela peut paraître curieux tant ce pays peut apparaître, au propre comme au figuré, comm…

Lire la suite →
Différentes robes de whisky à la lumière

S'y retrouver parmi les grandes familles

Face à un rayon de whiskies, le vocabulaire peut sembler décourageant : single malt, blend, single grain, cask strength… Ces mots ne relèvent pourtant pas d'un jargon gratuit. Chacun désigne une réalité précise, liée à la céréale employée, au nombre de distilleries impliquées ou à la manière dont le whisky a été mis en bouteille. Une fois ces catégories comprises, vous lirez n'importe quelle étiquette avec assurance et saurez, avant même de goûter, à quel type de plaisir vous attendre.

Nous vous proposons de distinguer deux niveaux de classification. Le premier concerne la composition : de quoi et de combien de distilleries le whisky est-il issu ? Le second concerne la mise en bouteille : à quel degré et sous quelle forme le whisky vous parvient-il ? Ces deux grilles se combinent et suffisent à décrire l'immense majorité des bouteilles que vous croiserez.

Classer selon la composition

La première grande distinction oppose les whiskies de malt aux whiskies de grain, puis précise s'ils proviennent d'une seule distillerie ou de plusieurs. Voici les catégories que vous rencontrerez le plus souvent :

Malt et grain, deux tempéraments

Le whisky de malt, plus expressif, concentre les arômes de la céréale et du terroir. Le whisky de grain, plus discret et plus souple, apporte de la légèreté. Loin de s'opposer, ces deux mondes se complètent : c'est précisément leur alliance qui a fait le succès planétaire des grands assemblages. Comprendre cette complémentarité vous évitera de considérer le blend comme un sous-produit ; un assemblage réussi relève d'un véritable art, celui du maître assembleur qui recherche l'équilibre et la constance année après année.

Classer selon la mise en bouteille

Un même whisky peut se présenter sous des visages différents selon la façon dont il est embouteillé. Ces mentions, souvent affichées avec fierté sur l'étiquette, renseignent sur le degré d'intervention du producteur :

MentionCe qu'elle signifie
Cask strength (brut de fût)Embouteillé au degré du fût, sans réduction à l'eau. Puissant et concentré.
Single cask (fût unique)Issu d'un seul fût, en tirage limité ; chaque lot est unique.
Non filtré à froidConserve certains composés qui portent la texture et les arômes.
Sans coloration ajoutéeLa couleur provient uniquement du bois, non d'un ajout de caramel.

Faut-il préférer une catégorie ?

Notre conviction est qu'aucune catégorie n'est intrinsèquement supérieure. Un brut de fût comblera l'amateur en quête d'intensité, tandis qu'un blend équilibré ravira lors d'un moment convivial. La mention « fût unique » séduira le curieux qui aime l'idée d'une bouteille jamais tout à fait reproductible. À chaque envie, sa catégorie. Le plus sage consiste à explorer largement avant de se forger des préférences, car c'est en comparant que l'on découvre ce qui nous parle vraiment.

Gardez enfin à l'esprit que ces définitions varient légèrement d'un pays à l'autre, chaque tradition ayant ses propres règles. Les grands principes exposés ici vous serviront néanmoins de boussole partout : ils suffisent à décrypter l'essentiel et à choisir en connaissance de cause, sans vous laisser impressionner par un vocabulaire qui, au fond, ne fait que décrire des choix simples.

Les céréales, point de départ de tout

Derrière la diversité des types de whisky se cache d'abord une question de céréale. Selon que l'on emploie de l'orge maltée, du maïs, du seigle ou du blé, le résultat diffère sensiblement, tant en texture qu'en arômes. L'orge maltée, reine des single malts, apporte richesse et complexité ; les autres céréales offrent des profils souvent plus légers ou plus épicés. Comprendre ce point de départ éclaire l'ensemble des catégories : bien des différences que l'on observe entre les whiskies remontent, en dernière analyse, au choix de la céréale.

Cette diversité des matières premières explique aussi les particularités des traditions nationales. Chaque pays a développé ses familles en fonction des céréales disponibles et de ses habitudes. Garder cela à l'esprit vous aidera à décrypter les whiskies du monde entier, en reliant leur profil à leur composition. C'est une clé de lecture simple mais puissante, qui donne du sens à la variété apparemment déroutante de l'offre.

Comment lire une étiquette

L'étiquette d'une bouteille regorge d'informations, à condition de savoir les interpréter. Voici les mentions les plus utiles à repérer :

Choisir en fonction du moment

Aucune catégorie n'étant supérieure dans l'absolu, le bon choix dépend surtout de la circonstance. Pour un moment convivial, un blend équilibré fera merveille ; pour une dégustation attentive, un single malt typé s'imposera ; pour une expérience intense, un brut de fût comblera les amateurs de puissance. Raisonner par occasion plutôt que par hiérarchie vous évitera bien des dépenses inutiles et vous garantira, à chaque fois, le whisky adapté à votre envie du moment.

Un tableau récapitulatif

Pour synthétiser, voici comment associer grandes catégories et situations :

CatégorieOccasion idéale
Blend équilibréMoment convivial, apéritif, cocktail.
Single malt typéDégustation attentive, découverte d'un terroir.
Brut de fûtRecherche d'intensité et de concentration.
Fût uniqueCuriosité, plaisir d'une bouteille singulière.

En maîtrisant ces distinctions, vous gagnerez une véritable autonomie face au rayon whisky. Vous cesserez de vous laisser impressionner par un vocabulaire qui, au fond, ne fait que décrire des choix simples et logiques. Cette compréhension, loin de refroidir la passion, la nourrit : elle vous permet de choisir en connaissance de cause et d'explorer l'immense diversité du whisky avec assurance et discernement. C'est là, nous semble-t-il, l'une des étapes clés vers un plaisir pleinement éclairé.

La diversité, une richesse à embrasser

La multiplicité des types de whisky peut d'abord déconcerter ; elle constitue en réalité l'une des grandes richesses de cette boisson. Chaque catégorie ouvre une porte vers des plaisirs différents, et c'est en les explorant toutes que l'on mesure l'étendue du domaine. Plutôt que de vous cantonner à un seul type, nous vous invitons à embrasser cette diversité, à goûter aussi bien un single malt typé qu'un blend équilibré, un brut de fût intense qu'un whisky de grain léger. Cette curiosité élargira votre palais et multipliera vos plaisirs.

Aborder ainsi le whisky dans toute sa variété évite l'écueil du dogmatisme. On découvre vite qu'aucune catégorie ne détient le monopole de la qualité, et que chacune a ses réussites et ses moments. Cette ouverture d'esprit, loin de diluer le plaisir, le démultiplie : elle vous rend disponible à toutes les belles surprises que le whisky peut offrir.

Ce qu'il faut retenir

Pour vous repérer durablement parmi les types de whisky :

Ces repères vous accompagneront dans tous vos choix et vous rendront autonome face au rayon whisky. Ils reposent sur une conviction simple : comprendre les catégories, c'est se libérer pour mieux savourer.

En maîtrisant ces distinctions, vous cesserez de vous laisser impressionner par un vocabulaire qui, au fond, ne fait que décrire des choix logiques. Cette compréhension nourrit la passion plutôt qu'elle ne la refroidit : elle vous permet de choisir en connaissance de cause et d'explorer l'immense diversité du whisky avec assurance. C'est là, nous semble-t-il, une étape clé vers un plaisir pleinement éclairé et durable.

Bouteille et verre de whisky